Il y a un an qu'elle attendait Noël. Par principe, seulement.
A la messe, il n'y a plus personne.Et les sapins, tout le monde en a, même ceux qui ne vont plus à la messe. Parce que pour elle, Noël c'était sa campagne blanche, à perte de vue depuis sa terrasse. Mais depuis qu'elle est à Paris, dans ce triste deux pièces il n'y a que pluie et pollution. Noël, c'était sa famille réunie, mais maintenant, son mari est enterré, et ses enfants à l'autre bout du monde, et du coeur. Parce que Noël, c'était des dizaines de cartes reçues et envoyées, et maintenant, il n'y a plus que La Redoute qui lui envoie ses voeux. Noël, c'était une grosse boîte de Lindt, et maintenant, elle ne pourrait jamais la finir seule, alors autant ne pas l'acheter, ce serait mauvais pour sa ligne. Parce que Noël, c'était un énorme repas, mais maintenant, c'est des portions individuelles barquetées par Monop', avec une date de péremption. Noël, c'était dans sa vie, mais maintenant, c'est dans ses souvenirs.
Elle attendra quand même le prochain Noël, par principe, seulement.
Lili51 nous offre un Père Noël, et Sergio des Camélias. Scrooge est chez Tetederadio, et de jolis voeux chez Iris. Tout sur le secret du solstice chez Too-//-Bee, et 39 Clocks chez Soundtrack of life. Bonnes fêtes sur Vox !
Tout le monde connait cette chanson : Everybody's Gotta Live de Love... En voila une bien meilleure version, celle qui figure sur Love Lost, album non publié en 1971...
Je revois le quai bondé et en délire
Suffoquant sous la chaleur et sous la rage
Et j'entends dans la rame les cris, les soupirs
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, et la cloche sonne,
Et la foule vient me jeter dans cette rame...
Emportés par la rame qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un à l'autre
Et nous laisse tous
Ébétés, énervés et étouffés.
Entraînés par la rame qui tangue
Et qui fonce
A Une folle vitesse
Nos membres restent soudés
Et parfois soulevés
Nos corps enlacés s'envolent
Et retombent tous
Ébétés, énervés et étouffés.
...
Et la face éclaboussée par les postillons
Je tente de me retourner en vain
Mais soudain je pousse un cri parmi la foule
Quand la rame freine brusquement et me renverse...
Emportée par la foule qui me traîne
et m'entraine
Je sors à la mauvaise sortie
Je lutte et je me débats
Mais le son de ma voix
S'étouffe dans les corps des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure...
Entraînée par la foule qui s'élance
Sur le quai
Je ne vois rien
Je suis emportée au loin
Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me traine
Loin de la rame qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvée...
Merci Piaf pour La Foule.
C'est un grand classique, dont on n'est finalement jamais à l'abri.
La fin commence par la mort de la plus grande des illusions, celle en grosse barbe blanche et costume rouge, puis il y a aussi le grand best of du Prince Charming au cheval blanc, mais faut pas croire, en fait il y en a tout plein des illusions. A l'infini même, puisqu'on se les crée tout seul, comme des grands. Il y a les petites illusions, les grandes, et même (les pires) les récurrentes qu'on ne veut pas lâcher, et que l'on s'entête à faire renaitre pour mieux les r-enterrer.
Vivre sans illusion a du bon, très bon.
Tu as les (2) pieds (et la tête) sur terre et finalement, tu n'es jamais déçu, jamais frustré, et tu marches dans les dignes traces de St Thomas, qui sagement, attendait de voir. Même que généralement, tu ne t'en caches pas "oh moi, je ne me fais aucune illusion... bla bla bla". Perso, et pas du tout objectivement, je pense que la fin des illusion est une bonne chose.
Bien sûr, le moment clé, où tu dois décider d'enterrer ta dernière illusion (en date) est hyper difficile. Dur dur. Sérieux, ça brise le coeur. Mais après, quel soulagement. C'est comme si tu venais de déposer sur le bord de la route cette énorme enclume que tu te trimballais pour rien depuis 178 km à pieds.
Alors bien sûr, j'entends d'ici les petites voix des pro-illusions. "Oui, mais vivre sans illusion, c'est comme vivre sans rêve, c'est trop dur, c'est inimaginable, c'est la mort de l'espoir, etc". Ok. J'accepte. Mais chacun son truc j'ai envie de dire. Si tu préfères te trimballer tes illusions le long du chemin, parce qu'elles te font rêver, voler, espérer, te sentir léger, super. Go. Il faut faire ce qui est le mieux pour toi. C'est ça l'essentiel.
Mais moi, j'ai choisi un autre chemin. Celui sur terre, où les petites déceptions quotidiennes me sont largement suffisantes, pour ne pas me rajouter en plus les abîmes de déception et de regrets qui naissent de la fin d'une belle illusion.
Suite des Best Of musicaux chez Zoreil des Hauts et Liza. Beaucoup de neige chez Triton, et du risque chez Tenflo. Enfin quelques concerts chez Miss Sparrow, et le backstage chez Florent.
It's been a long time right ?